Mme Melina ILIOPOULOU
Soutiendra lundi 8 juin 2026 à 14 h
Salle des Actes n° 011 à l’Université de Montpellier Paul-Valéry, Site Saint-Charles 1
une thèse de DOCTORAT
Discipline : Études grecques et latines
Titre de la thèse : Spes. De la philosophie antique à la pensée chrétienne, de l'espoir à l'espérance
Composition du jury :
- Mme Francesca Romana BERNO, Professeure associée, Université de Rome « La Sapienza » (Italie)
- M. Pierre DESCOTES, Maître de conférences habilité, Sorbonne Université
- Mme Isabelle KOCH, Professeure, Aix Marseille Université
- M. Jérôme LAGOUANÈRE, Maître de conférences habilité, Université de Montpellier Paul-Valéry, directeur de thèse
- M. Laurent LAVAUD, Professeur, ENS Lyon
- M. Jean-François THOMAS, Professeur, Université de Montpellier Paul-Valéry
- Mme Christelle VEILLARD, Maîtresse de conférences habilitée, Université Paris Nanterre
- Mme Elena ZOCCA, Professeure, Université de Rome « La Sapienza » (Italie)
Résumé de la thèse :
Cette thèse examine l’évolution du concept de spes dans le monde romain, depuis la Rome républicaine jusqu’à l’Empire chrétien. Cette recherche repose sur le constat que spes, loin d’être une simple émotion, constitue un principe structurant de l’anthropologie, de l’éthique et de la politique dans la culture romaine. Dès lors, l’étude vise à déterminer comment spes, initialement intégrée à la vie religieuse et civique païenne, se transforme en vertu théologale chrétienne, et dans quelle mesure ces mutations reflètent les reconfigurations des cadres religieux et socio-politiques. Pour répondre à cette question, la recherche adopte une méthode d’archéologie conceptuelle, qui révèle les discontinuités et les reconfigurations du concept. Dans ce cadre, l’analyse se déploie selon une progression diachronique qui prend appui sur trois configurations successives du concept. L’étude s’attache d’abord à la pensée de Cicéron, où spes s’inscrit dans les structures éthiques et politiques de la République ; elle examine ensuite sa reconfiguration chez Sénèque, dans le contexte du Principat, où l’espoir est repensé à l’aune des nouvelles conditions du pouvoir et de la vie morale ; elle considère enfin son élaboration chez Augustin, où spes est réinterprétée comme vertu théologale. Une telle approche permet de mettre en lumière les continuités et les ruptures qui affectent le concept de spes, en révélant les transformations de son rapport au temps et à la vie heureuse, et en contribuant à une histoire conceptuelle de l’espoir au cœur des mutations de la pensée antique.
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This thesis examines the evolution of the concept of spes in the Roman world, from the time of the Republic to the Christian Empire. It is based on the idea that, rather than being just an emotion, spes is a fundamental principle of anthropology, ethics and politics in Roman culture. The study therefore aims to determine how, initially embedded in the religious and civic life of pagan Rome, spes was transformed into a Christian theological virtue and to what extent these mutations reflect broader reconfigurations of religious and socio-political frameworks. To address this question, the research employs the method of conceptual archaeology to identify the discontinuities and reconfigurations of the concept of spes. The analysis unfolds along a diachronic progression structured by three successive configurations. First, it examines Cicero’s work, in which spes is embedded in the ethical and political structures of the Roman Republic. Second, it considers its reconfiguration in Seneca’s work, within the context of the Roman Empire, where hope is reconsidered in light of new forms of power and ethics. Finally, it explores its elaboration in Augustine’s work, where spes is reinterpreted as a theological virtue within the framework of the Christian Empire. This approach highlights the continuities and ruptures shaping the concept of spes, revealing its evolving relationship with time and the pursuit of happiness, and contributing to the conceptual history of hope at the heart of major developments in ancient thought.
